1) Ce que fait concrètement l’agglomération : compétences, services et effets visibles
Pour comprendre l’agglomération, il faut partir des compétences. Une communauté d’agglomération n’est pas une “super-commune” qui ferait un peu de tout : elle exerce des compétences définies par la loi et par ses statuts, avec des marges de manœuvre variables. Certaines compétences sont obligatoires, d’autres optionnelles, d’autres encore peuvent être prises à la carte. Cette architecture explique pourquoi certains sujets relèvent de l’agglo et d’autres non, et pourquoi les décisions “intercommunales” peuvent sembler lointaines alors qu’elles structurent des services très proches de nous.
Parmi les domaines qui concernent le plus directement la vie quotidienne, on retrouve souvent :
- La mobilité et l’organisation des déplacements : la planification de l’offre, l’articulation avec la voirie et les pôles d’échanges, la cohérence entre centre et communes périphériques.
- Le développement économique : zones d’activités, attractivité, accueil d’entreprises, soutien à l’emploi, stratégie commerciale, immobilier d’entreprise, parfois tourisme selon l’organisation du territoire.
- L’aménagement de l’espace : cohérence entre urbanisation, équipements, réseaux, risques, préservation des espaces agricoles et naturels.
- L’environnement et les ressources : déchets, eau, assainissement selon les cas, prévention des risques, actions de sobriété, protection de certains milieux.
- L’habitat et le cadre de vie : politiques de l’habitat, rénovation, outils de planification, équilibre entre logements, emplois et services.
Dans ces champs, l’agglo intervient de plusieurs façons. Elle peut gérer directement un service (avec ses équipes, ses marchés, ses équipements). Elle peut déléguer (à une entreprise, à une structure publique dédiée, selon les montages). Elle peut coordonner ou planifier, en produisant des documents-cadres qui s’imposent ensuite à d’autres acteurs. Elle peut aussi cofinancer, en conditionnant l’obtention d’aides à des objectifs, des calendriers ou des engagements.
Quand un service “fonctionne” ou “ne fonctionne pas”, la question n’est donc pas seulement “qui en a la responsabilité”. C’est aussi : quel est le périmètre réel de la compétence, quels sont les contrats, quels sont les investissements, quels sont les coûts d’exploitation, quelles sont les recettes, quelles sont les obligations réglementaires, et quelles sont les marges de décision locales. Dans nos articles, nous revenons régulièrement sur ces mécanismes, car ils évitent les malentendus et permettent d’évaluer les politiques publiques sur des bases solides.
Un exemple simple : l’action sociale. Beaucoup de sujets sociaux relèvent d’abord d’autres niveaux (communes, département, État), mais l’agglo a des leviers indirects : mobilité, accessibilité des services, politique de l’habitat, aménagement des centralités, soutien à la revitalisation, lutte contre l’isolement par l’organisation du territoire. Ce sont des leviers qui comptent, y compris dans des situations très concrètes, comme l’accès d’une famille à un service de santé, ou les déplacements réguliers vers un EHPAD à Carcassonne. L’intercommunalité n’est pas “le guichet unique” de ces questions, mais elle peut créer des conditions favorables ou défavorables, selon les choix d’aménagement et de services.
Cette page d’accueil n’a pas vocation à lister exhaustivement toutes les compétences. Elle vise à vous donner une grille de lecture : l’agglo agit sur des services, des investissements et des règles de cohérence territoriale. Pour chaque sujet, notre travail consiste à expliciter ce qui relève du cadre national, ce qui dépend des décisions locales et ce qui résulte de contraintes budgétaires ou techniques.